Pour une banque, un intérimaire est d'abord un salarié dont le contrat a une date de fin. Même avec des missions qui s'enchaînent depuis des années, il n'est pas rare de se voir opposer un refus faute de CDI. Pourtant, l'intérim n'empêche pas d'obtenir un petit prêt : tout dépend de la manière dont vous démontrez la régularité de vos revenus.
Cette page explique comment un prêteur lit un dossier d'intérimaire, quels justificatifs le renforcent, quels dispositifs sont propres au travail temporaire et comment éviter les pièges.
Ce que les prêteurs regardent chez un intérimaire
L'analyse porte moins sur le type de contrat que sur la continuité de l'activité. Les éléments déterminants :
- l'ancienneté dans l'intérim, idéalement sur au moins un ou deux ans, et le nombre d'heures effectuées ;
- la régularité des revenus : des bulletins de paie sans longues interruptions pèsent plus qu'un salaire élevé sur quelques mois ;
- la fidélité à une ou deux agences et à un secteur d'activité porteur ;
- les indemnités de fin de mission et de congés payés, qui gonflent certains bulletins et que le prêteur peut lisser.
Le CDI intérimaire, lorsqu'il vous est proposé par une agence, change souvent la donne : vous êtes alors salarié permanent de l'agence, avec une rémunération garantie entre les missions. Mentionnez-le clairement dans votre demande.
Constituer un dossier solide
Un intérimaire gagne à fournir plus de pièces que ce qui est demandé. Rassemblez :
- les bulletins de paie des douze derniers mois, voire davantage, plutôt que les trois habituels ;
- le dernier avis d'imposition, qui montre le revenu annuel réel ;
- une attestation de l'agence sur votre ancienneté et, si possible, sur les perspectives de missions ;
- les relevés de compte récents, sans incidents ;
- le cas échéant, les attestations de droits à l'assurance chômage entre deux missions.
Un relevé de compte sans découvert pendant les périodes creuses est un argument fort : il montre que vous savez gérer l'irrégularité.
Présenter le dossier à sa propre banque
La banque qui reçoit vos salaires depuis plusieurs années connaît déjà la régularité de vos versements. C'est souvent l'interlocuteur le plus à même de comprendre un parcours en intérim. Prenez rendez-vous avec votre conseiller, apportez un tableau récapitulatif de vos missions sur deux ans (agences, durées, heures, montants) et expliquez à quoi servira le prêt. Un besoin précis et chiffré, par exemple l'achat d'un véhicule pour accepter des missions plus éloignées, se défend mieux qu'une demande de trésorerie sans objet. Si la réponse est négative, demandez-en la raison : elle vous indiquera ce qu'il faut renforcer avant de solliciter un autre établissement, plutôt que de multiplier les demandes en ligne.
Les dispositifs propres au travail temporaire
Le secteur de l'intérim dispose de son propre fonds d'action sociale, le FASTT (Fonds d'action sociale du travail temporaire). Il propose aux intérimaires des services pour faciliter le logement, la mobilité et l'accès à certains financements, ainsi qu'un accompagnement social. Les conditions d'accès dépendent notamment des heures travaillées : renseignez-vous auprès de votre agence ou directement auprès du FASTT avant de chercher un crédit ailleurs.
Action Logement, de son côté, propose des aides aux salariés du secteur privé, dont les intérimaires, par exemple pour avancer un dépôt de garantie. Si votre besoin concerne un logement, consultez aussi notre page sur le financement du dépôt de garantie.
Quel crédit choisir et comment comparer
Pour une dépense ponctuelle (voiture pour rejoindre les missions, réparation, équipement), un prêt personnel ou un crédit affecté à durée courte est généralement plus adapté qu'un crédit renouvelable. Pour comparer :
- le TAEG, qui inclut intérêts et frais, plafonné par le taux d'usure publié chaque trimestre par la Banque de France ;
- le coût total du crédit en euros ;
- la souplesse en cas de période sans mission : report d'échéance, modulation, remboursement anticipé ;
- le coût de l'assurance emprunteur si elle est proposée, et ce qu'elle couvre réellement pour un salarié en contrat temporaire.
Le microcrédit personnel accompagné peut financer un projet lié à l'emploi, comme le permis ou un véhicule, avec l'appui d'une association. La situation des salariés en contrat à durée déterminée classique est traitée dans notre page sur le petit prêt en CDD, et celle de l'ensemble des emplois non permanents dans le guide du mini-prêt sans CDI.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Calculer une mensualité qui résiste aux creux
La règle prudente consiste à calculer votre capacité de remboursement sur vos revenus des mois les plus faibles, pas sur la moyenne. Si la mensualité ne passe qu'avec un mois complet de mission, elle est trop élevée. Quelques réflexes :
- mettre de côté une partie des indemnités de fin de mission pour couvrir les échéances des mois creux ;
- caler la date de prélèvement juste après le versement habituel de la paie ;
- éviter de cumuler plusieurs petits crédits ou paiements fractionnés.
Arnaques : les intérimaires aussi sont visés
Les refus bancaires liés au contrat poussent certains intérimaires vers des offres trop belles pour être vraies. Méfiance si :
- un « prêteur » promet un accord sans justificatif de revenus ;
- des frais sont exigés avant le versement des fonds ;
- l'offre arrive par un réseau social, une messagerie ou un SMS non sollicité ;
- la société n'apparaît pas sur le registre des établissements agréés de l'ACPR.
Check-list de l'intérimaire
- Réunir douze mois de bulletins et le dernier avis d'imposition.
- Demander une attestation d'ancienneté à l'agence.
- Interroger le FASTT et Action Logement selon le besoin.
- Calculer la mensualité sur les mois les plus faibles.
- Comparer TAEG, coût total et souplesse en cas d'interruption.
- Ne jamais payer avant d'avoir reçu les fonds.
Si des retards de paiement apparaissent déjà, mieux vaut contacter vos créanciers tôt et solliciter un conseiller budget que d'ouvrir un nouveau crédit.
Offres et prêteurs à comparer
- Microcrédit personnel – La Banque Postale — microcrédit accompagné pour les personnes exclues du crédit bancaire classique.
- Microcrédit – Crédit Municipal de Paris — microcrédit accompagné pour les personnes exclues du crédit bancaire classique.
- Adie — microcrédit accompagné pour les personnes exclues du crédit bancaire classique.
- Caisse d’Epargne — banque proposant des prêts personnels ; comparez le TAEG et les conditions avant de signer.
Liste indicative et non exhaustive d’établissements réels, sans lien commercial avec le site. Vérifiez l’agrément, le TAEG et les conditions avant toute demande ; ne payez jamais de frais à l’avance.
