Frais d'inscription, ordinateur, dépôt de garantie d'un premier logement, année à l'étranger : les études coûtent cher, et les besoins tombent souvent en même temps, à la rentrée. Beaucoup d'étudiants n'ont besoin que de quelques centaines ou milliers d'euros, sans revenus propres ni historique bancaire pour convaincre un prêteur.
La bonne nouvelle est que les études font l'objet de dispositifs spécifiques, souvent plus avantageux qu'un crédit à la consommation classique. Cette page présente le prêt étudiant, ses variantes, et surtout les aides qui évitent d'emprunter.
Le prêt étudiant bancaire : un crédit à part
La plupart des banques proposent un prêt étudiant dédié. Sa particularité est le différé de remboursement : pendant les études, l'emprunteur ne rembourse rien (différé total) ou seulement les intérêts (différé partiel). Les mensualités pleines commencent après l'obtention du diplôme, quand l'entrée dans la vie active est supposée.
Attention au différé total : les intérêts continuent de courir et s'ajoutent au capital, ce qui augmente le coût final. Le différé partiel, avec de petites mensualités dès le départ, coûte moins cher au total.
Habituellement, la banque demande une caution, le plus souvent celle des parents, et examine le cursus suivi. Les filières à forte employabilité obtiennent parfois de meilleures conditions.
Le prêt étudiant garanti par l'État
Pour les étudiants qui ne peuvent pas présenter de caution, l'État garantit, par l'intermédiaire de Bpifrance, une partie des prêts accordés par les banques partenaires. Ce prêt est ouvert sans condition de ressources, dans la limite de 20 000 euros, aux étudiants de nationalité française ou ressortissants de l'Espace économique européen remplissant certaines conditions, âgés de moins de 28 ans. La décision finale reste celle de la banque, qui n'est pas obligée d'accorder le prêt. Renseignez-vous auprès de plusieurs établissements, car tous ne participent pas au dispositif.
Les aides du CROUS et des collectivités à demander d'abord
La bourse sur critères sociaux
Elle se demande via le dossier social étudiant, en général au printemps pour la rentrée suivante. Elle dispense aussi des frais d'inscription dans les établissements publics et de la contribution de vie étudiante et de campus. Une demande tardive reste parfois possible : ne renoncez pas sans vous renseigner.
Les aides spécifiques ponctuelles
Les services sociaux du CROUS peuvent accorder une aide d'urgence, non remboursable, en cas de difficulté passagère : retard de bourse, rupture familiale, dépense imprévue. Un rendez-vous avec une assistante sociale du CROUS est la première démarche en cas de coup dur.
Le logement
Les aides au logement de la CAF sont ouvertes aux étudiants. Pour la caution locative, une garantie gratuite comme Visale, proposée par Action Logement, évite de mobiliser un garant. Le dépôt de garantie peut parfois être avancé par un dispositif local ; la page financer le dépôt de garantie fait le point.
Les aides locales
Régions, départements et communes proposent selon les territoires des aides au premier équipement informatique, au permis de conduire ou à la mobilité internationale, voire des prêts d'honneur étudiants à taux zéro. Le service vie étudiante de votre établissement connaît les dispositifs disponibles.
Prêt d'honneur et microcrédit pour étudiants
Certaines fondations, associations d'anciens élèves ou collectivités accordent des prêts d'honneur sans intérêt aux étudiants méritants ou en difficulté. Ils sont remboursables, mais sans frais ni garantie, souvent après la fin des études. Le principe général est expliqué sur la page prêt d'honneur. Les étudiants en situation de grande précarité trouveront aussi des pistes sur la page consacrée aux étudiants précaires.
Comparer les offres et calculer ce que l'on pourra rembourser
Comparez les prêts étudiants sur le TAEG, qui inclut intérêts, frais de dossier et assurance. Regardez aussi :
- la durée et le type de différé, et le coût total qu'il entraîne ;
- la possibilité de prolonger le différé en cas de redoublement ou de poursuite d'études ;
- l'absence de pénalités de remboursement anticipé ;
- la souplesse du déblocage : en une fois, ou par tranches selon les besoins.
Empruntez le montant nécessaire, pas le montant maximum proposé. Une simulation simple aide : estimez votre premier salaire probable dans votre filière, retirez loyer et charges, et vérifiez que la mensualité reste raisonnable.
Job étudiant et alternance
Un emploi à temps partiel ou un contrat en alternance apporte un revenu régulier qui réduit, voire supprime, le besoin d'emprunter. Il facilite aussi l'obtention d'un prêt si celui-ci reste nécessaire, car la banque peut s'appuyer sur un salaire. Veillez simplement à ce que les horaires restent compatibles avec la réussite des études.
Check-list de l'étudiant avant d'emprunter
- J'ai déposé mon dossier social étudiant et vérifié mon droit à bourse.
- J'ai demandé les aides au logement et une garantie locative gratuite.
- J'ai contacté le service social du CROUS si ma difficulté est urgente.
- J'ai comparé au moins deux prêts étudiants, dont un garanti par l'État si je n'ai pas de caution.
- Je connais le coût total du prêt avec le différé choisi.
- Je dispose d'un certificat de scolarité ou d'une attestation d'inscription.
Éviter les pièges et les arnaques
Le crédit renouvelable proposé avec certaines cartes ou dans des boutiques en ligne n'est pas adapté au financement des études : il est coûteux et s'accumule vite. Méfiez-vous surtout des faux prêteurs qui contactent les étudiants sur les réseaux sociaux ou les groupes de colocation, promettent un prêt sans condition et réclament des frais à l'avance. Ne transmettez jamais vos identifiants bancaires, et ne prêtez pas votre compte pour recevoir ou transférer de l'argent : ce type de proposition sert souvent à blanchir des fonds et peut engager votre responsabilité.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Offres et prêteurs à comparer
- Prêt étudiant garanti par l’État — prêt garanti par l’État, sans caution ni condition de ressources, auprès des banques partenaires.
- Crédit Agricole — banque coopérative proposant des prêts personnels à ses membres et clients.
- Caisse d’Epargne — banque coopérative proposant des prêts personnels à ses membres et clients.
- Microcrédit personnel – La Banque Postale — microcrédit accompagné pour les personnes exclues du crédit bancaire classique.
Liste indicative et non exhaustive d’établissements réels, sans lien commercial avec le site. Vérifiez l’agrément, le TAEG et les conditions avant toute demande ; ne payez jamais de frais à l’avance.
