En France, la plupart des soins sont remboursés par l'Assurance maladie et la complémentaire santé. Pourtant, certaines factures laissent un reste à charge difficile à absorber : dépassements d'honoraires d'un spécialiste ou d'un chirurgien, forfait journalier et chambre particulière après une hospitalisation, lunettes ou aides auditives hors panier réglementé, séances non remboursées, soins reçus sans complémentaire. Lorsque la somme arrive d'un coup, elle peut mettre un budget en difficulté.
Cette page s'intéresse aux frais médicaux déjà engagés ou inévitables, hors dentaire, et aux moyens de les régler sans s'endetter inutilement. Les soins dentaires ont leur propre page : financer des soins dentaires.
Identifier d'où vient le reste à charge
Avant de chercher un financement, il faut comprendre la facture. Le reste à charge peut provenir :
- du ticket modérateur, normalement couvert par une complémentaire ;
- des dépassements d'honoraires pratiqués par certains médecins, notamment de secteur 2 ;
- du forfait journalier hospitalier et des suppléments de confort (chambre individuelle, télévision) ;
- des participations forfaitaires et franchises laissées à la charge de l'assuré ;
- d'équipements d'optique ou d'audiologie choisis hors du panier « 100 % Santé ».
Vérifiez sur votre compte Assurance maladie et auprès de votre complémentaire que tous les remboursements ont bien été versés. Une erreur de transmission ou une prise en charge non demandée explique parfois une partie du solde.
Les droits à vérifier en priorité
La Complémentaire santé solidaire
Sous conditions de ressources, la Complémentaire santé solidaire prend en charge le ticket modérateur, le forfait journalier et un panier de lunettes, prothèses dentaires et aides auditives, sans dépassement d'honoraires pour ses bénéficiaires. Elle est gratuite ou coûte une faible participation mensuelle selon les revenus.
Les affections de longue durée
Pour une maladie reconnue en affection de longue durée, les soins liés sont pris en charge à 100 % sur la base du tarif de l'Assurance maladie. Les dépassements d'honoraires restent toutefois à la charge du patient ou de sa complémentaire.
L'aide financière de la CPAM et des mutuelles
Le service d'action sanitaire et sociale de votre CPAM peut accorder, sur dossier et sous conditions de ressources, une aide ponctuelle pour un reste à charge important. Les mutuelles disposent souvent d'un fonds social pour leurs adhérents en difficulté. Les PASS, permanences d'accès aux soins de santé des hôpitaux, accueillent les personnes sans couverture et les aident à ouvrir leurs droits.
Négocier un échéancier avant d'emprunter
Une facture d'hôpital public est recouvrée par le comptable public : il est possible de demander des délais de paiement en expliquant votre situation, voire une remise dans certains cas. Les cliniques et les praticiens libéraux acceptent également, assez souvent, un paiement étalé. Un échéancier obtenu directement auprès du créancier est gratuit, ce qui en fait presque toujours une meilleure option qu'un crédit. Demandez-le par écrit et conservez la réponse.
Si la facture médicale s'ajoute à d'autres impayés, notre page sur le paiement d'une facture propose une méthode pour prioriser les dettes.
Quand un mini-prêt peut se justifier
Un petit crédit peut avoir du sens si un soin nécessaire ne peut pas être reporté, que le praticien exige un paiement avant l'intervention et qu'aucune aide n'est mobilisable dans les délais. Il doit rester proportionné : n'empruntez que le reste à charge final, après remboursements et aides, et choisissez une durée courte. Un remboursement attendu de la complémentaire peut servir à solder le prêt par anticipation.
Évitez de régler une dette médicale avec un crédit renouvelable ou une carte à débit différé que vous ne pourrez pas solder, et ne cumulez pas plusieurs petits crédits : voir à ce sujet la page mini-prêt urgent et ses mises en garde.
Pour un soin programmé, interrogez votre complémentaire avant l'intervention : elle peut indiquer le montant pris en charge sur la base du devis et, parfois, proposer une avance ou un tiers payant. Savoir à l'avance ce qui restera à payer évite de découvrir la somme à la sortie de l'établissement.
Comparer le coût réel
Le TAEG est le chiffre à comparer d'une offre à l'autre : il intègre les intérêts et tous les frais obligatoires. Il est plafonné par le taux d'usure publié chaque trimestre par la Banque de France. Regardez aussi le coût total en euros, souvent plus parlant sur un petit montant, et la présence d'une assurance emprunteur facultative. Un délai de rétractation de 14 jours s'applique à la signature.
Check-list face à une facture médicale
- Contrôler les remboursements de l'Assurance maladie et de la complémentaire.
- Vérifier l'éligibilité à la Complémentaire santé solidaire ou à une prise en charge en ALD.
- Demander un devis avant tout soin programmé avec dépassement d'honoraires.
- Solliciter un échéancier écrit auprès de l'hôpital, de la clinique ou du praticien.
- Déposer une demande d'aide auprès de la CPAM et du fonds social de la mutuelle.
- Emprunter, si nécessaire, uniquement le solde, sur une durée courte.
Arnaques et situations fragiles
Méfiez-vous des faux prêteurs qui ciblent les personnes malades sur les réseaux sociaux ou les cagnottes, promettant un financement rapide contre des frais à verser d'avance. Aucun organisme autorisé ne procède ainsi. Ne transmettez jamais vos codes bancaires ni votre numéro de sécurité sociale à un inconnu.
Une maladie entraîne souvent une baisse de revenus. Si les dettes s'accumulent ou si vous êtes fiché, un crédit supplémentaire peut aggraver la situation : un travailleur social de la CPAM ou de l'hôpital peut vous aider, et le microcrédit personnel accompagné offre un cadre plus sûr.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Offres et prêteurs à comparer
- CAF — aides, prestations et, selon les départements, prêts d’équipement ou d’installation pour les allocataires.
- Microcrédit – Crédit Municipal de Paris — microcrédit accompagné pour les personnes exclues du crédit bancaire classique.
- Microcrédit personnel – La Banque Postale — microcrédit accompagné pour les personnes exclues du crédit bancaire classique.
- Adie — microcrédit accompagné pour les personnes exclues du crédit bancaire classique.
Liste indicative et non exhaustive d’établissements réels, sans lien commercial avec le site. Vérifiez l’agrément, le TAEG et les conditions avant toute demande ; ne payez jamais de frais à l’avance.
