Demander un petit crédit sur internet est devenu courant : simulation en quelques clics, dossier déposé de chez soi, signature électronique. Cette facilité a un revers. Les mêmes écrans servent aux prêteurs agréés, aux intermédiaires qui revendent les demandes et aux escrocs qui imitent les banques. Savoir comment se déroule une demande légale permet de repérer rapidement ce qui cloche.
Ce guide suit les étapes d'une demande en ligne, rappelle vos droits pour un contrat conclu à distance et liste les vérifications à faire avant de transmettre vos documents.
Les étapes d'une demande sur internet
- La simulation : vous indiquez le montant et la durée ; le site affiche une mensualité indicative et un TAEG. Une simulation n'engage ni vous ni le prêteur.
- Le formulaire : situation familiale, emploi, revenus, charges, crédits en cours. Ces informations servent à l'évaluation de solvabilité.
- Les justificatifs : pièce d'identité, justificatif de domicile, RIB, justificatif de revenus, téléversés ou remplacés par une connexion à vos comptes.
- L'étude du dossier : le prêteur consulte le fichier FICP de la Banque de France et analyse votre budget.
- L'offre et la signature : vous recevez la fiche d'information précontractuelle puis le contrat, signé électroniquement.
- Le versement : les fonds arrivent sur votre compte une fois les délais légaux et les vérifications respectés.
La possibilité de remplacer les relevés par une lecture automatique de votre compte est expliquée sur la page vérification bancaire en ligne.
Vos droits pour un crédit conclu à distance
- Recevoir, avant tout engagement, une fiche d'information précontractuelle standardisée avec le TAEG, la durée, le montant total dû et le coût de l'assurance éventuelle.
- Disposer d'un délai de rétractation de 14 jours calendaires après la signature, sans avoir à vous justifier.
- Rembourser par anticipation, totalement ou partiellement.
- Obtenir des explications sur l'offre, y compris par un échange avec le prêteur.
- Être informé si un refus résulte de la consultation d'un fichier.
Les publicités doivent comporter un exemple représentatif chiffré et la mention rappelant que le crédit doit être remboursé. Une offre qui n'affiche aucun TAEG ne respecte pas ces règles.
Le contrat électronique a la même valeur qu'un contrat papier. Téléchargez et conservez tous les documents reçus : fiche précontractuelle, contrat signé, tableau d'amortissement, courriels de confirmation. Pour vous rétracter, utilisez le bordereau joint au contrat ou la procédure indiquée, et gardez une preuve de l'envoi. Si les fonds ont déjà été versés, vous devez alors rembourser le capital et les intérêts courus jusqu'à la date du remboursement.
Prêteur, courtier ou générateur de contacts ?
Trois types de sites coexistent :
- le site d'un prêteur : banque ou société de financement agréée, qui étudie et accorde elle-même le crédit ;
- le site d'un intermédiaire : courtier ou mandataire, immatriculé à l'ORIAS, qui transmet votre dossier à des partenaires ;
- le site de collecte de demandes : il revend vos coordonnées, parfois à de nombreux acteurs, et vous risquez d'être sollicité de toutes parts.
Lisez les mentions légales, les conditions d'utilisation et la politique de confidentialité avant de remplir un formulaire. Pour comparer plusieurs offres sur une base identique, suivez notre méthode de comparaison.
Repérer un faux site de crédit
Les arnaques au faux crédit en ligne suivent des schémas connus :
- une adresse de site proche de celle d'une banque, avec une lettre changée ou une extension inhabituelle ;
- des frais demandés avant le versement : « frais de dossier », assurance, « déblocage » ;
- un contrat envoyé en PDF par courriel puis à renvoyer signé avec une copie de carte d'identité ;
- des publicités ou des profils sur les réseaux sociaux qui promettent un prêt garanti ;
- un interlocuteur joignable seulement par messagerie.
Vérifiez l'établissement sur le registre REGAFI, l'intermédiaire sur le registre de l'ORIAS, et consultez les listes noires de l'ACPR. Saisissez l'adresse du site vous-même plutôt que de cliquer sur un lien reçu. Ces précautions valent aussi pour les demandes faites depuis une application : voir petit crédit sur smartphone.
Protéger ses données personnelles
Une demande en ligne implique l'envoi de documents sensibles. Quelques réflexes limitent les risques :
- n'envoyez vos pièces que sur un site vérifié, jamais par messagerie à un inconnu ;
- ajoutez sur la copie de votre pièce d'identité une mention indiquant le destinataire et la date ;
- ne communiquez jamais vos identifiants bancaires ni un code reçu par SMS ;
- évitez de multiplier les demandes sur des sites de collecte.
Le RGPD vous permet de demander l'accès à vos données et leur suppression lorsque leur conservation n'est plus justifiée.
Check-list avant de valider une demande en ligne
- J'ai identifié qui accorde réellement le crédit.
- J'ai vérifié l'agrément ou l'immatriculation sur un registre officiel.
- J'ai simulé le même montant et la même durée chez plusieurs prêteurs.
- J'ai noté le TAEG, le coût total et le montant de l'assurance.
- Je n'ai aucun frais à payer avant le versement.
- La mensualité laisse un reste à vivre suffisant.
- Je connais mon délai de rétractation.
Quand internet n'est pas la meilleure voie
Le crédit en ligne convient à un besoin ponctuel avec un budget équilibré. Si vous avez déjà plusieurs crédits, des découverts répétés ou une inscription au FICP, un nouveau prêt risque d'aggraver la situation. Mieux vaut alors :
- prendre rendez-vous avec un point conseil budget ;
- demander un délai de paiement au créancier ;
- solliciter une aide de la CAF ou du CCAS ;
- étudier le microcrédit accompagné ;
- déposer, si nécessaire, un dossier de surendettement auprès de la Banque de France.
Le taux d'usure, publié chaque trimestre par la Banque de France, fixe le plafond légal du TAEG ; une offre en ligne qui s'en approche est coûteuse.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Offres et prêteurs à comparer
- Cetelem — établissement de crédit à la consommation agréé, prêts personnels et petits crédits en ligne.
- Cofidis — établissement de crédit à la consommation agréé, prêts personnels et petits crédits en ligne.
- Sofinco — établissement de crédit à la consommation agréé, prêts personnels et petits crédits en ligne.
- Floa — établissement de crédit à la consommation agréé, prêts personnels et petits crédits en ligne.
- Younited — établissement de crédit à la consommation agréé, prêts personnels et petits crédits en ligne.
Liste indicative et non exhaustive d’établissements réels, sans lien commercial avec le site. Vérifiez l’agrément, le TAEG et les conditions avant toute demande ; ne payez jamais de frais à l’avance.
