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Emprunter avec des prestations d'assurance-emploi au Québec

Prestations d'assurance-emploi au Québec : comment les prêteurs les considèrent, moments à risque, solutions avant un crédit et faux prêteurs à éviter.

Personne cherchant un emploi sur un ordinateur portable

Recevoir des prestations d'assurance-emploi, c'est vivre pendant quelques semaines ou quelques mois avec un revenu réduit par rapport à son ancien salaire. Au Québec comme ailleurs au Canada, l'assurance-emploi est un programme fédéral géré par Service Canada. Pendant cette période, les factures continuent d'arriver, et l'idée d'un petit prêt pour faire le pont jusqu'au prochain emploi vient naturellement.

Cette page explique comment les prêteurs considèrent les prestations d'assurance-emploi, à quels moments un emprunt est le plus risqué et quelles solutions permettent de traverser la période sans s'endetter. Le site n'accorde aucun prêt et ne dirige personne vers un prêteur.

Un revenu temporaire par définition

Les prestations régulières d'assurance-emploi remplacent une partie de votre rémunération assurable, généralement 55 %, jusqu'à un maximum hebdomadaire révisé chaque année. Elles sont versées pendant un nombre limité de semaines, qui dépend notamment du nombre d'heures assurables accumulées et du taux de chômage de votre région. Un délai de carence d'une semaine s'applique au début de la période de prestations.

Pour un prêteur, ces caractéristiques posent deux questions : votre budget peut-il absorber une mensualité avec un revenu diminué, et que se passera-t-il à la fin de la période de prestations si vous n'avez pas retrouvé d'emploi ? Une banque ou une caisse pourra prendre en compte les prestations comme revenu, mais elle regardera de près la date de fin de vos droits.

Les moments où emprunter est le plus risqué

  • Pendant le délai de carence ou avant le premier versement : vous n'avez encore aucune preuve de revenu, et le besoin d'argent est souvent pressant.
  • À l'approche de la fin des prestations : la mensualité risque de tomber au moment où le revenu disparaît.
  • En cas de demande en révision ou de dossier incomplet : un trop-payé réclamé par la suite par Service Canada peut s'ajouter à la dette.

Si le premier versement tarde, contactez Service Canada pour connaître l'état de votre demande avant de vous tourner vers un crédit. Un retard administratif se règle souvent plus vite qu'on ne le pense, alors qu'un prêt coûteux se rembourse pendant des mois.

Déclarations aux deux semaines et revenus d'appoint

Pendant la période de prestations, vous devez remplir vos déclarations toutes les deux semaines et y indiquer tout revenu de travail. Le travail à temps partiel est permis dans certaines limites, une partie de la rémunération étant déduite des prestations. Un emprunt n'est pas un revenu de travail, mais un emploi temporaire pris pour rembourser un prêt doit être déclaré. Les travailleurs dont l'emploi revient chaque année à la même période trouveront des conseils adaptés sur la page sur les travailleurs saisonniers québécois.

Solutions à envisager avant un crédit

  • Vérifier tous vos droits : indemnité de vacances non versée, dernière paie, éventuelle indemnité de départ prévue au contrat ou par les normes du travail.
  • Demander un report ou une entente à vos créanciers : banques, Hydro-Québec, fournisseurs de télécommunications et propriétaires peuvent accepter un délai temporaire, surtout si vous les prévenez avant le retard.
  • Revoir les paiements de cartes et marges : certaines institutions proposent des reports ou une réduction temporaire du paiement minimum ; demandez-le explicitement.
  • Consulter une ACEF ou un organisme de consultation budgétaire pour réorganiser vos dépenses pendant la période sans emploi.
  • Explorer les prêts de dépannage communautaires, offerts dans certaines régions par des organismes partenaires de caisses, avec accompagnement budgétaire.
  • Solliciter un proche, avec une entente écrite qui précise un remboursement après le retour en emploi.

Si vos prestations prennent fin sans retour en emploi, d'autres programmes peuvent prendre le relais ; la page sur le financement pour prestataires de l'aide sociale décrit cette situation.

Si vous empruntez malgré tout

Préférez un montant faible et une durée courte, compatibles avec la durée restante de vos prestations. Commencez par votre institution financière habituelle. Comparez les offres sur le taux de crédit, qui inclut les intérêts et les frais, et sur le montant total à rembourser. Au Québec, la Loi sur la protection du consommateur impose un contrat écrit, permet le remboursement anticipé et prévoit des obligations renforcées pour le crédit à coût élevé. Le taux d'intérêt criminel fédéral a été abaissé à 35 % par an en 2025, mais un taux plus bas reste vite lourd quand le revenu diminue.

Check-list avant de signer

  • Connaissez-vous la date de fin de vos prestations ?
  • La mensualité est-elle payable avec vos prestations actuelles, sans compter sur un emploi futur ?
  • Le prêteur est-il une institution réglementée ou titulaire d'un permis de l'Office de la protection du consommateur ?
  • Le contrat indique-t-il clairement le taux de crédit et le coût total ?
  • Avez-vous comparé au moins deux offres ?
  • Avez-vous évité d'ajouter de l'assurance ou des options facultatives qui alourdissent le coût ?

Signaux d'arnaque

Les fraudeurs savent que les personnes en chômage ont besoin d'argent rapidement. Ils se présentent parfois comme des « partenaires de Service Canada » ou promettent un prêt « approuvé grâce à vos prestations ». Service Canada n'accorde pas de prêts et ne vous contactera pas pour vous en proposer. Refusez toute demande de frais payés d'avance, de paiement en cartes-cadeaux ou en cryptomonnaie, et ne transmettez jamais votre numéro d'assurance sociale ou vos codes d'accès à Mon dossier Service Canada à un inconnu.

Après l'assurance-emploi

Le retour en emploi est le meilleur moment pour solder un petit crédit plutôt que d'en ouvrir un autre. Si la recherche se prolonge, la page consacrée au petit prêt pour personnes sans emploi au Québec aborde les options sans prestations. Pour l'ensemble des règles provinciales sur le crédit, voir la page mini-crédit au Québec.

Offres et prêteurs à comparer

  • Desjardins — banque coopérative proposant des prêts personnels à ses membres et clients.
  • Banque Nationale — banque proposant des prêts personnels ; comparez le TAEG et les conditions avant de signer.
  • MicroEntreprendre — microcrédit accompagné pour les personnes exclues du crédit bancaire classique.

Liste indicative et non exhaustive d’établissements réels, sans lien commercial avec le site. Vérifiez l’agrément, le TAEG et les conditions avant toute demande ; ne payez jamais de frais à l’avance.